Images décorative du mois de mai
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Pour beaucoup de gens, se reposer au bord de l’eau est une expérience de détente. Pour Clarina Duguay, cela inspire des souvenirs terrifiants de son enfance — des souvenirs si douloureux, que même plus de 50 ans plus tard, elle peut à peine trouver des mots pour les exprimer.
La douce et timide Mme Duguay, âgée de 65 ans, est l’une des infâmes Orphelins québécois de Duplessis, un groupe de plus de 5 000 enfants que les parents ont remis aux orphelinats catholiques pendant les années 40, 50 et 60, et à qui on avait promis une « bonne éducation pour leurs enfants ».
Au lieu de cela, les psychiatres les ont faussement déclarés mentalement malades ou sévèrement retardés et les ont entreposés dans des hôpitaux psychiatriques, permettant au gouvernement du Québec, dirigé par l’ancien Premier ministre Maurice Duplessis, de recevoir des primes du gouvernement fédéral pour leurs soins.
Jusqu’ici, les recherches sur les Orphelins de Duplessis se sont concentrées principalement sur les actions des représentants de l’Église Catholique qui ont admi-nistré les orphelinats et les hôpitaux psychiatriques.
Mais, le 26 septembre 2001, dans une action apparente pour bloquer toute investigation supplémentaire sur les crimes ou les inconduites du passé et sur ceux qui en étaient responsables, le gouvernement du Québec a fait une offre qui se voulait à prendre ou à laisser pour empêcher les Orphelins d’intenter des actions judiciaires contre le gouvernement du Québec ou les représentants de l’Église Catholique, en échange d’un pauvre règlement de 10 000 $ par personne. Si un Orphelin refuse de signer l’accord, il renonçe même à son droit d’obtenir cette compensation.
En conséquence, disent les Orphelins, un groupe important d’individus n’ayant jamais été tenu responsable du rôle fondamental qu’il a joué dans leur traitement abusif, peut maintenant s’en tirer indemne lui aussi : les psychiatres qui ont signé des fausses ordonnances les étiquetant « mentalement malades » et les envoyant dans un enfer atroce.
Deux ans après être arrivée à son orphelinat en 1946, Clarina Duguay a été transférée à l’Hôpital St-Julien, un asile d’aliénés situé à plus de 1 000 kilomètres de chez elle.
À St-Julien, Mme Duguay expérimenta des traitements épouvantables.
« Ils plongeaient nos têtes dans l’eau glacée si nous faisions quelque chose de mal, » a-t-elle dit, ajoutant que depuis ce temps l’eau la terrifie. Elle a décrit avoir été attachée à un lit avec un collier, et devoir frotter interminablement des planchers.
Les sœurs ont dit à Mme Duguay que sa mère était devenue folle et qu’elle était morte en tant que patiente dans un autre hôpital psychiatrique. En fait, sa mère ne mourut de la tuberculose que deux ans après cette déclaration des sœurs.
Deux semaines après être arrivée à St-Julien, Mme Duguay se rappelle de façon très précise qu’on lui avait fait prendre un médicament qui, selon les sœurs, la ferait dormir. Le médicament toutefois fit beaucoup plus que cela.
« Il m’a transformée en une zombie, dit-elle. Je n’avais pas d’énergie. Je me sentais toujours somnolente, j’avais de la difficulté à me lever. On me donnait cette drogue chaque soir. J’ai de la difficulté à me rappeler et je pense que c’est à cause de la drogue. »
Mme Duguay et les autres orphelins disent que même si la province ne leur a pas fourni les dossiers correspondant aux premières années passées à leurs institutions, la drogue qui leur a été administrée a toujours été la même. Cette drogue a été identifiée dans des dossiers plus récents comme étant de la chlorpromazine.
En 1946, François Lantagne était un garçon de 9 ans, effrayé, lorsqu’il fut envoyé à l’hôpital psychiatrique St-Michel Archange (maintenant nommé Robert Giffard). Étant un enfant naturel, sa mère n’avait pas assez d’argent pour l’élever.
M. Lantagne fut régulièrement placé dans une camisole de force et soumis aux douches glacées. Comme Mme Duguay, il a reçu la chlorpromazine chaque soir, au coucher.
Aujourd’hui, cela fait 35 ans que M.Lantagne est sur l’assistance sociale.
« Ils ont gâché ma vie, » a-t-il dit.
Un peu de culture
Black Lake est un arrondissement de la ville québecoise de Thetford Mines, dans le sud de la province de Québec. Jusqu'au 17 octobre 2001, Black Lake était une petite ville peuplée d'environ 5 000 habitants. À cette date, les villes de Black Lake et de Thetford Mines, la municipalité de Pontbriand, la municipalité du village de Robertsonville ainsi que la municipalité du canton de Thetford-Partie-Sud se regroupèrent pour constituer la nouvelle ville de Thetford Mines. Le nom Black Lake a toutefois été préservé et il identifie maintenant le secteur correspondant au territoire de cette ancienne ville.
Photographies avec le Nikon p300
Le parkour est une technique physique consistant à transformer des éléments du décor du urbain en obstacles à franchir par des sauts, des escalades. Le but est de se déplacer d'un point à un autre de la manière la plus efficace possible. La méthode est inspirée de « la méthode naturelle d'éducation physique » de Geoarge Hébert. Elle s'est répandue ensuite à travers le monde par la filmographie qui lui a été consacrée, des reportages télévisuels et des vidéos amateurs sur internet.